Je n’écris pas de romance contemporaine par hasard.

J’en écris parce que j’ai cherché, longtemps, des histoires qui ressemblent à ce que je ressentais vraiment. Des histoires où l’amour n’est pas un décor de carte postale. Quelque chose qui fait un peu mal, parfois. Qui oblige à se regarder en face. Et que je ne les ai pas trouvées. J’en ai refermé beaucoup, déçue dès le troisième chapitre.

Alors j’ai décidé de les écrire moi-même.

J’ai commencé à écrire mon premier roman un dimanche matin, en pyjama, avec un café qui refroidissait à côté de moi. Pas très glamour pour une histoire d’amour.

La romance est souvent rangée du côté des lectures « légères », des plaisirs coupables qu’on glisse discrètement dans son sac avant de partir en vacances ou que l’on laisse sur sa table de chevet à l’abri des regards. Mais on sait que derrière chaque roman d’amour, il y a une lectrice qui cherche bien plus que des papillons dans le ventre. Même si les papillons, franchement, on ne va pas s’en plaindre.

J’écris de la romance contemporaine parce que je crois que l’amour est l’une des choses les plus sérieuses qui existent. Et parce que les histoires légères, quand elles sont bien faites, ont ce pouvoir étrange de nous toucher là où les grands discours n’y parviennent jamais.

La romance contemporaine, un genre qu’on n’assume pas toujours

Soyons honnêtes deux minutes.

Quand quelqu’un vous demande ce que vous lisez en ce moment, il y a de fortes chances que vous citiez le dernier prix littéraire dont tout le monde parle. Pas le roman d’amour que vous avez dévoré en deux jours et qui vous a fait pleurer dans votre bain.

Ce réflexe, je le comprends. Je l’ai eu moi-même.

La romance est un genre qui se défend seul par ses chiffres : des millions de lectrices, des communautés entières sur Instagram et TikTok, des livres qui s’arrachent. Et pourtant, la plupart des lectrices estiment que la romance mériterait son propre rayon en librairie. Même si des librairies spécialisées en romance commencent à voir le jour dans les grandes villes, un rayon propre à la romance n’existe pas encore vraiment partout. Cherchez l’erreur.

Le paradoxe est là, bien installé. On lit de la romance en masse, et on continue de la ranger discrètement derrière les « vraies » lectures. Comme si le plaisir devait se justifier. Pleurer dans son bain un mardi soir, apparemment, ça ne compte pas.

Ce que j’ai compris en commençant à écrire ma première romance, c’est que ce jugement ne vient pas que de l’extérieur. Il vient aussi de nous. De cette petite voix qui murmure que ce serait quand même plus sérieux d’écrire autre chose. Un essai. Une fresque historique avec des notes de bas de page et une carte en début de chapitre.

J’ai choisi de ne pas l’écouter.

Pas parce que la romance est « aussi bien » que les autres genres. Mais parce que la question ne se pose pas dans ces termes. Une histoire qui fait ressentir quelque chose de vrai à quelqu’un, c’est une histoire qui compte. Point.

Ce que j’écris vraiment quand je raconte une histoire d’amour

Raconter une histoire d’amour, ce n’est pas raconter une histoire d’amour.

Enfin, si. Mais pas que.

Quand j’écris une scène où deux personnages se frôlent sans se toucher, où une conversation anodine cache une tension qui dure depuis cent pages, ce que j’écris en réalité, c’est la peur de se montrer tel qu’on est. La peur que l’autre parte en courant si on enlève le masque. Cette conviction, tenace et un peu épuisante, qu’il faut être une version améliorée de soi-même pour mériter d’être aimé.

Je ne crois pas à ça. Et mes personnages non plus, même s’ils mettent parfois un moment à le comprendre.

Ce qui m’intéresse dans la romance, ce n’est pas le happy end de la dernière page. C’est le chemin. Tout ce qui se passe avant : les malentendus, les renoncements, cette façon qu’on a de choisir la sécurité en se racontant que c’est de la sagesse. Et puis ce basculement, discret ou fracassant, où un personnage décide enfin d’aller chercher ce qu’il désire vraiment, malgré la peur.

Parce que l’amour, le vrai, celui qui donne à la fois des ailes et un sentiment de sécurité, ne peut pas exister si on se cache. Des autres. De soi-même.

C’est le fil rouge que je veux dans tous mes romans. Pas la romance comme récompense. La romance comme révélateur.

Et quelque part, j’espère que quand vous refermez un de mes livres, vous n’avez pas seulement passé un bon moment. J’espère que quelque chose, même minuscule, a changé en vous. Une question que vous ne vous posiez pas. Une envie d’oser quelque chose que vous repoussez depuis trop longtemps.

Ce serait déjà beaucoup.

Pourquoi le tarot est au cœur de mes romans

Je pourrais vous dire que le tarot est apparu dans mes romans de façon naturelle, presque par accident. Ce serait romantique. Ce serait aussi faux.

Le tarot fait partie de mon quotidien depuis des années. Je peux passer une journée entière à choisir un jeu, tirer des cartes, interpréter. Ce n’est pas une lubie de début d’année, entre le bullet journal et une méditation de cinq minutes. C’est une pratique sérieuse, ancrée, qui m’a appris une chose essentielle : on a toutes les réponses en soi. Les cartes ne font que poser les bonnes questions.

Alors quand j’ai commencé à écrire de la fiction, il m’aurait semblé bizarre de laisser le tarot à la porte.

Mais je veux être précise sur ce que le tarot fait dans mes romans, parce que ce qu’il ne fait pas est tout aussi important. Il ne prédit pas l’avenir. Il ne transforme pas mes héroïnes en sorcières modernes avec un châle et une bougie parfumée à la sauge.

Il est là comme un miroir.

Quand une carte apparaît dans une scène, c’est parce qu’elle dit quelque chose que le personnage n’arrive pas encore à formuler. Elle révèle une peur, une envie, une vérité que la raison préfère ignorer. Le tarot que j’utilise, le Rider-Waite-Smith, est d’une richesse symbolique qui se prête exactement à ça : chaque image est une chambre intérieure.

Et puis il y a une raison plus simple, plus honnête. J’écris de la romance contemporaine, pas de la fantasy. Mes héroïnes vivent dans le monde réel, avec des doutes réels. Le tarot, pour beaucoup de femmes aujourd’hui, fait partie de ce monde réel. Ce n’est plus l’apanage des arrière-salles enfumées. Des milliers de femmes l’intègrent dans leur quotidien, sans bruit, avec cette légère gêne de ne pas savoir comment l’expliquer à leurs collègues. Ou à leur mère.

Ce qui se passe vraiment quand vous lisez un de mes romans

Je vais être honnête : je n’écris pas pour « vous aider à devenir la meilleure version de vous-même ». Cette formule me met un peu mal à l’aise. Elle sent trop le discours de coach développement personnel un lundi matin.

Et ce n’est pas du tout ce que je suis.

Ce que je veux, c’est plus modeste. Enfin, pas tant que ça. Je veux que vous passiez un bon moment. Un vrai bon moment, pas le genre poli qu’on mentionne par politesse. Le genre où vous regardez l’heure et où vous réalisez qu’il est minuit passé et que vous avez un réveil dans six heures et que vous vous en fichez complètement parce qu’il faut absolument savoir ce qui se passe au chapitre suivant.

Ça, c’est la base.

Mais j’espère aussi autre chose. Quelque chose de moins mesurable. Que certaines scènes vous restent un peu. Qu’un personnage vous pose une question sans le formuler. Que vous refermiez le livre avec cette sensation étrange d’avoir réfléchi à quelque chose d’important sans vraiment vous en rendre compte.

Parce que c’est ça, pour moi, une romance contemporaine réussie. Pas une histoire qui résout tout. Pas une héroïne parfaite qui trouve l’amour parfait dans un appartement parfait. Une histoire qui ressemble à ce que c’est vraiment : compliqué, drôle, douloureux, lumineux. Souvent tout ça en même temps.

Et si en plus le tarot vous donne envie de sortir votre jeu du tiroir où il dort depuis six mois, je considère que c’est gagné.

J’aurais pu écrire autre chose que de la romance.

Un essai sur le tarot ou quelque chose avec des notes de bas de page et une bibliographie soignée. Personne ne m’aurait regardée de travers dans une conversation mondaine.

J’ai choisi la romance contemporaine. Délibérément, les yeux ouverts.

Parce que je crois que les histoires d’amour, quand elles sont écrites avec honnêteté, font quelque chose que peu de genres savent faire : elles nous ramènent à nous-mêmes. Pas de façon spectaculaire. Pas avec des grands discours. Juste une question qu’on ne s’était pas posée la veille et qu’on ne peut plus ignorer le lendemain.

C’est peu. C’est énorme.

Et si vous êtes arrivée jusqu’ici, vous savez probablement déjà de quoi je parle. Vous aussi, vous cherchez des histoires qui vous ressemblent. Des histoires où l’on peut aimer la romance et le tarot, l’évasion et l’introspection, sans avoir à choisir.

En attendant que les romans soient prêts, il y a un endroit où tout commence déjà. Les Premières, c’est mon infolettre mensuelle : une carte de tarot interprétée à travers le prisme de l’amour et de soi, une scène inédite ou coupée au montage, et les nouvelles du roman en cours. Et quand le moment arrive, le premier chapitre du prochain livre, avant tout le monde.

Un avant-goût. Pour celles qui n’aiment pas attendre.