Note : cet article est un clin d’œil à un autre texte que j’ai publié ici, Pourquoi j’écris de la romance. Deux univers, une seule question au fond : comment écrire des choses qui servent vraiment à quelqu’un ?
Je n’écris pas des guides sur le tarot par hasard.
J’en écris parce que j’ai cherché, longtemps, un livre qui me parle comme à une adulte. Un livre qui ne me demande pas de mémoriser 78 définitions avant de pouvoir tirer une seule carte. Un livre qui ne m’explique pas l’histoire de l’Égypte ancienne dans les premières vingt pages, ni ne me demande de croire à quoi que ce soit avant de commencer.
Je voulais un outil. Quelque chose de concret. Quelque chose que je pourrais utiliser le lendemain matin, avant mon café ou juste après, sans formation préalable et sans ressentir que je faisais semblant d’être quelqu’un d’autre. Quelque chose qui ressemble à tarot = prise de décision.
Je ne l’ai pas trouvé. Alors j’ai décidé de l’écrire après huit ans après avoir tiré ma première carte de tarot.
Le tarot pour la prise de décision : un genre qu’on n’assume pas toujours
Soyons honnêtes.
Si vous tapez « tarot » dans une barre de recherche, voici ce que vous trouvez dans les trois premiers résultats : des prédictions, des tirages amoureux gratuits, et un forum où quelqu’un demande si la Tour annonce une rupture ou juste un déménagement compliqué.
Ce n’est pas ce dont je parle.
Et je comprends que ça décourage. J’ai moi-même refermé des dizaines de livres dès le premier chapitre. Trop ésotériques, trop vagues, trop chargés de promesses que je ne pouvais pas vérifier. Et à chaque fois, le réflexe était le même : refermer, et aller chercher quelque chose de plus solide ailleurs.
Un essai bien coté. Un livre de Brené Brown. Un podcast de développement personnel avec des milliers d’avis cinq étoiles. Quelque chose qu’on peut recommander sans avoir à se justifier, qui donne l’impression de travailler sérieusement sur soi.
Ce n’est pas un mauvais réflexe. Ces lectures ont de la valeur. Je les ai faites, certaines m’ont beaucoup apporté. Mais j’ai fini par remarquer quelque chose d’un peu gênant : elles remettent toujours la réponse dans les mains de quelqu’un d’autre. Un chercheur, une experte, un cadre théorique bien construit. Et moi, je lis, je surligne, je note, et au moment de la vraie décision, je recommence à chercher. Un autre livre. Un autre épisode. Un autre avis.
Le problème n’était pas la qualité des lectures. C’était que je m’en servais, sans m’en rendre compte, pour éviter l’inconfort d’écouter ce que je savais déjà.
Le tarot, quand il est utilisé comme outil et non comme oracle, fait exactement l’inverse. Il ne vous donne rien à absorber. Il vous oblige à produire quelque chose : une réponse, une intuition, un aveu à vous-même. Pas de contenu à consommer, pas d’expert à suivre. Juste vous, une carte, et une question à laquelle vous ne pouvez plus faire semblant de ne pas avoir de réponse.
C’est plus inconfortable. C’est aussi beaucoup plus utile.
Le paradoxe
Le paradoxe, c’est que des milliers de femmes utilisent le tarot aujourd’hui. Pas pour prédire l’avenir, mais pour y réfléchir. Pour démêler une situation qui tourne en rond dans leur tête depuis trois semaines. Pour s’obliger à formuler ce qu’elles savent déjà, quelque part, mais qu’elles n’arrivent pas à dire.
Ces femmes-là n’ont pas de livre qui leur corresponde vraiment. Elles utilisent des méthodes bricolées, des tutos Instagram, des guides conçus pour des pratiquantes déjà convaincues et elles finissent souvent par abandonner, convaincues que « le tarot, c’est peut-être pas pour elles ».
Ce réflexe, je le connais bien. Et c’est exactement pour ça que j’écris.
Ce que j’écris vraiment quand je rédige un guide sur le tarot
Quand j’écrire un guide sur le tarot, je n’écris pas un guide sur le tarot.
Enfin, si. Mais pas que.
Quand je conçois un tirage autour de la carte de l’Hermite, ou une méthode pour faire face à une décision difficile, ce que j’écris en réalité, c’est quelque chose de plus simple et de plus compliqué à la fois : comment retrouver accès à ce qu’on sait déjà.
Parce que ce que j’observe chez beaucoup de femmes, et que j’ai vécu moi-même, c’est ceci : on sait souvent ce qu’on veut. On sait qu’on devrait dire non à ce client qui déborde sur nos soirées, qu’on devrait lâcher cette relation qui stagne depuis un an, qu’on devrait enfin envoyer ce message qu’on a réécrit dix fois sans oser cliquer sur envoyer. Mais on n’arrive pas à s’y fier. Il y a trop de bruit. Les avis de l’entourage, les injonctions contradictoires, la peur de se tromper, la rumination qui tourne à vide à trois heures du matin.
Le tarot ne donne pas les réponses. Il pose les bonnes questions.
Quand une carte apparaît, elle ne dit pas quoi faire. Elle dit : regarde ici. Il y a quelque chose que tu évites. Il y a quelque chose que tu désires et que tu n’as pas encore formulé. Il y a un choix que tu repoussais depuis des semaines, et qui vient de devenir plus difficile à ignorer.
Ce qui m’intéresse dans un guide, ce n’est pas d’enseigner la symbolique du tarot. C’est de donner un protocole. Une méthode reproductible, applicable en quelques minutes, qui transforme une séance de tirage en outil de clarté mentale, pas en rituel mystérieux dont on sort plus confuse qu’avant.
Parce que la vraie promesse du tarot n’est pas dans les cartes. Elle est dans ce qui se passe quand on s’oblige à s’arrêter cinq minutes et à se poser une vraie question.
Pourquoi le Rider-Waite-Smith, et pas n’importe quel jeu
Je pourrais vous dire que j’ai choisi le Rider-Waite-Smith parce qu’il est le plus répandu. Ce serait vrai, mais incomplet.
Je l’ai choisi parce qu’il est le plus lisible. Chaque carte du Rider-Waite-Smith raconte une scène. Il y a des personnages, des gestes, des couleurs chargées de sens. On peut regarder une carte sans rien savoir du tarot et sentir quelque chose : une tension, une direction, une émotion.
C’est exactement ce dont on a besoin quand on utilise le tarot comme outil de réflexion : une image qui provoque quelque chose avant même qu’on ait ouvert un livre.
La symbolique est là, riche, précise, étudiée depuis des décennies. Mais elle n’est pas obligatoire pour commencer. On peut partir de ce qu’on voit, de ce que la carte évoque, de ce qu’elle soulève en soi. Et aller plus loin si on le souhaite.
Mes guides sont construits autour de ça : une entrée visuelle, intuitive, accessible et une structure qui permet d’aller plus profond sans jamais perdre le fil de la question de départ.
Ce qui se passe vraiment quand vous utilisez un de mes guides
Je vais être honnête : je n’écris pas pour « vous connecter à votre sagesse intérieure ». Cette formule m’épuise un peu. Elle dit tout et rien, et elle ne ressemble à personne.
Ce que je veux, c’est plus modeste. Ou peut-être plus exigeant.
Je veux qu’en dix minutes, vous ayez quelque chose de concret. Peut-être une révélation. Mais ce n’est pas encore une transformation. Une question que vous ne vous posiez pas avant, et que vous ne pouvez plus ignorer maintenant. Ou une décision que vous tourniez dans tous les sens depuis quinze jours, et qui semble soudainement un peu plus claire. Parce qu’en regardant les cartes, vous vous êtes enfin arrêtée pour y réfléchir vraiment.
C’est ça, le tarot comme outil de prise de décision. Pas de la magie. Pas de la foi. Juste une structure externe qui force l’introspection que vous remettiez à demain.
Et si vous avez eu l’habitude de chercher les réponses partout sauf en vous (dans les podcasts, les avis de vos amies, les livres de développement personnel qui finissent inachevés sur la table de nuit), peut-être que cette fois, quelque chose d’un peu différent peut se produire.
Pas parce que mon guide est exceptionnel. Parce que vous, vous étiez déjà prête.
Pourquoi j’écris des guides, et pas des essais
J’aurais pu écrire un essai sur le tarot. Quelque chose avec des références, une histoire du jeu depuis le XVe siècle, et une réflexion sur la psychologie jungienne appliquée aux arcanes majeurs.
Personne ne m’aurait regardée de travers dans une conversation sérieuse.
J’ai choisi les guides. Délibérément, les yeux ouverts.
Parce que ce qui m’intéresse n’est pas la connaissance du tarot. C’est son usage. Ce moment précis où une femme qui doute, qui tourne en rond, qui a déjà essayé quinze autres choses, tire une carte et quelque chose change en elle. Pas parce que la carte a prédit l’avenir. Parce qu’elle s’est enfin posé la bonne question.
Un essai décrit ce phénomène. Un guide le provoque.
Et quelque part, je crois que les outils pratiques, quand ils sont construits avec soin et avec honnêteté, font quelque chose que peu de genres savent faire : ils restituent aux gens la confiance qu’ils avaient perdue dans leur propre jugement.
C’est juste énorme.
Si vous êtes arrivée jusqu’ici, vous savez probablement déjà de quoi je parle. Vous aussi, vous cherchez quelque chose qui respecte votre intelligence, qui ne vous demande pas de tout croire avant de commencer, et qui tient dans cinq minutes un mardi matin entre deux réunions.
En attendant la sortie des prochains guides, il y a un endroit où tout commence déjà. Les Premières, c’est mon infolettre mensuelle : une carte de tarot interprétée à travers le prisme de l’amour et de soi, une scène inédite ou coupée au montage, et les nouvelles du roman en cours. Et quand le moment arrive, les premières pages des guides, avant tout le monde.
Un avant-goût. Pour celles qui n’aiment pas attendre.
Photo de Felicia Buitenwerf
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